Histoire de France en BD (Larousse) T4 - Hugues Capet - Guillaume Le Conquérant
Histoire de France en BD (Larousse) - T4
Hugues Capet - Guillaume Le Conquérant
Du suzerain au vassal:
Au cours du Xe siècle, le pouvoir des Carolingiens faiblit. Le flot es invasions et la montée de la féodalité les trouvent sans défense. Enfin, ils règnent sur des provinces fort diverses, dont le seul lien est la religion chrétienne, et n'en peuvent maîtriser l'ensemble.
La France se couvre de seigneureries indépendantes les unes des autres. Ducs et comtes prennent localement le pouvoir politique et le contrôle économique des terres de l'ancien Empire. Peu à peu s'établit un système pyramidal de dépendance liant le vassal au suzerain. Au sommet de la pyramide, le Roi ; puis les comtes réunis en duchés. Mais comtes et ducs semblent être parfois les pairs du Roi, et l'on conçoit le rôle assez modeste d'un souverain dont le domaine propre est fort réduit en comparaison de celui de certains de ses « vassau ».
Hugues, surnommé ensuite Capet, n'est que l'un de ces grands seigneurs, lorsqu'une assemblée de ses pairs le proclame « roi des Francs » en 987. L'appui de l’Église, la gloire de ses ancêtres et la possession de terres géographiquement bien situées, l'axe Paris-Orléans, assurent son élection. Il règne en principe des Flandres à Barcelone.
Le principe de l'élection subsistera jusqu'en 1179, mais chaque souverain aura soin de faire couronner son fils de son vivant. C'était donner à la monarchie un caractère héréditaire, gage de solidité.
Le système féodal repose entre autres sur l'ambition territoriale et la guerre de conquête. C'est ainsi que, en 1066, Guillaume, duc de Normandie, fort de ses droits à l'héritage du roi anglo-saxon Edouard le Confesseur, traverse la Manche, emmenant sa cavalerie à bord de quelque 700 bateaux.
Il écrase l'infanterie de Harold, son adversaire, à Hastings, puis se fait sacrer roi à Westminster le 25 décembre 1066 avant d'organiser sa conquête.
Certes le Pape avait soutenu Guillaume, mais quels pouvaient être les sentiments du roi de France à l'égard d'un vassal assez audacieux pour régner sur l'Angleterre et y distribuer des terres ?
Aventure toute féodale, la geste de Guillaume le Conquérant dévoile aussi certains aspects de la société de l'époque, attentive aux serments, aux liens du sang, aux héritages, bouleversée par les « signes » - jugement de Dieu, messages des astres. A peine remise des terreurs de l'An Mille, cette société, loin de céder à l'abattement, jette partout sur le sol de France le mortier de ses bâtisseurs.

