William Blake ou l'infini
William Blake ou l'infini
288 pages
Un soir de novembre 1757, au-dessus d une échoppe de bonnetier, naît à Londres, William Blake. D aucuns pensent que l Humanité est alors à la fin d une époque et qu il lui faut entamer un nouveau cycle. Cette renaissance, Blake en sera le prophète. Pour retrouver la joie que nous portons en nous, dit-il, il suffit de nettoyer les fenêtres de la perception. Ayant vu Dieu à huit ans, puis un arbre « rempli d anges », on le croit fou. Il dessine, peint, grave, écrit de longs poèmes prophétiques. C est à l intensité de sa vision qu on doit ses gravures hallucinées, ses teintes d un autre monde, ses apocalypses décrivant la détresse et la terreur de son temps. Blake était un révolutionnaire qui voulait bannir l injustice et promouvoir l égalité. Mais sa vision s étend bien au-delà d un horizon politique borné par des politiciens qu il méprise. Il est un des premiers à dénoncer un système : celui mis en place par la soif de profit. A l argent-roi, devenu le but unique de l existence, il oppose l esprit, c est-à-dire la poésie et l art. Bien entendu, il eut toute son époque contre lui : critiques en colère, public absent, échecs répétés, accusations virulentes, insultes. Condamné à la solitude et à la pauvreté, il n en continua pas moins de poursuivre son chemin. Christine Jordis le suit pas à pas, jusqu à nous, et en fait notre contemporain.

