de la guerre de Corée à la crise des alliances 1950
de la guerre de Corée à la crise des alliances 1950
Un demi-siècle s’est maintenant écoulé depuis la révolution d'Octobre et l’intervention des Occidentaux dans la guerre civile russe, point de départ de cette Guerre froide dont André Fontaine a entrepris de raconter l’Histoire. Le premier tome d’ouvrage paru en 1966, retraçait la naissance et 'aggravation progressive du conflit soviéto-américain, jusqu’à son paroxysme : la guerre de Corée. = e second volume évoque le processus inverse : alors qu’en 1950 une guerre mondiale paraissait peu près inévitable et que depuis lors se sont jouées bon nombre de parties « au bord du gouffre » des signes de rapprochement se multiplient au jour : l’hui entre Washington et Moscou. C’est qu’avec les armes nucléaires, le recours à la force devient impensable et que l’antagonisme sino-soviétique surclasse de plus en plus la rivalité des États-Unis et de l’U.R.S.S. Cette dernière, n’a pas hésité en 1963, à signer un traité sur les essais nucléaires avec : la principale puissance « impérialiste », les États-Unis, malgré l’opposition de la Chine, dont elle a commencé, à la même époque, à dénoncer publiquement les tendances hérétiques et schismatiques.
Bien que l’aggravation de la guerre du Vietnam et l’absence de toute solution au problème allemand risquent de la faire rebondir un jour, on peut donc admettre que la guerre froide soit arrivée, en 1963 à son aboutissement ou, tout au moins à une sorte d’armistice. C’est pourquoi l’auteur a choisi d’arrêter là son récit, quitte à évoquer dans un épilogue les principaux événements qui se sont déroulés depuis lors. Une autre raison l’y a poussé : le fait que, pour la période postérieure à la chute de Khrouchtchev, bien des points restent encore obscurs. Sur ce qui s’est passé auparavant, en revanche, on dispose maintenant de renseignements qui obligent bien souvent à réviser les interprétations données sur le moment. Il en va ainsi en particulier de l’interaction, longtemps insoupçonnée, du désaccord sino-soviétique et de la guerre froide proprement dite. André Fontaine a tenu très largement compte de ces révélations dans l’ouvrage très documenté, qui paraît aujourd’hui.
L’auteur a vécu au jour le jour, comme chef du service étranger du « Monde », tous les épisodes de ce volume. Il en a fréquenté les acteurs, comme les lieux de l’action. Il était donc particulièrement bien placé pour entreprendre ce travail d’une : rare ampleur, qui est d’ores et déjà en cours de traduction dans plusieurs pays étrangers. Comme le premier tome, dont la quasi-unanimité de la critique, à droite comme à gauche, s’est plu à reconnaître la totale indépendance d’esprit, il est écrit avec sérénité, sans complaisance, mais non sans chaleur, dans le seul but d’établir les faits. C’est toute l’histoire d’un passé très récent avec ses moments d’angoisse, ses illusions et ses sursauts d’espoir qui revit ici, au long d’un récit nourri de portraits, de citations frappantes et d’anecdotes significatives.
Né en 1921, André Fontaine a débuté dans le journaliste il y a vingt ans après avoir fait des études d’histoire, de droit et d’économie politique. Devenu en 1951, chef du service de politique étrangère du Monde, il a rendu compte au jour le jour, à ce titre, de tous les événements importants de la vie internationale depuis cette date. Il a eu l’occasion de rencontrer nombre de dirigeants des deux camps et du monde non engagé, de visiter la plupart des pays qui se sont trouvés impliqués dans la guerre froide et de suivre le déroulement des grandes crises qui l’ont jalonnée, comme des conférences internationales qui ont, avec plus ou moins de succès, tenté d’y mettre fin. Il était donc particulièrement bien placé pour en raconter l’histoire.

