Veuves au maquillage
Veuves au maquillage
263 pages
Réfléchir à la meilleure façon de mourir n'est pas chose facile : cela demande du temps et de l'application. Et le narrateur n'en manque pas. Du temps parce que la vieillesse n'est pas encore installée, de l'application parce qu'il en faut pour être commis en écriture et quelquefois faussaire. Voilà que l'homme s'est amusé à de nombreuses contrefaçons– billets de banque, tableaux, papiers d'identité, articles de loi– et il aimerait donner enfinà sa vie un cachet d'authenticité : une mort violente. Mais le suicide ne lui sied pas, il voudrait un crime, un assassinat, il voudrait qu'on le tue. Pour laisser des traces derrière lui et des chiens pour renifler ses traces, pour continuer à rédiger son histoire, même après qu'il estpassé. L'arrogance, sans doute, ou un manque de modestie le pousse à aller au-devant– d'abord par la presse, puis en personne–, de veuves homicides innocentées par la justice. De les séduire, dans l'espoir de les voir reproduire leur geste et d'en finir glorieusement dans la récidive.

