Le corps bafoué
Le corps bafoué
Il nous arrive à tous de lutter une partie de la nuit contre le sommeil pour finir un travail. Souvent, nous ne répliquons pas à une injure ou nous sommes aimables avec quelqu'un que nous avons envie de battre. Ou nous nous privons de manger pour maigrir : autant d'agressions à notre corps, agressions qu'il enregistre et dont il finit par se venger.
Pour le docteur Alexander Lowen, la plupart des maux qui nous accablent (douleurs de tête et de dos, insomnies, angines, grippes, impuissance et frigidité, colites, ulcères de l'estomac) naissent de notre grave incapacité à écouter notre corps.
Car notre corps nous fait signe, à longueur d'année. Il nous dit qu'il est en colère comme il nous signale son épuisement. Or c'est parce que nous ne percevons pas ces signaux — ou que nous n'en tenons pas compte — qu'un jour il se trouve gravement atteint.
Que faire pour éviter d'en arriver là ?
Tout d'abord, cesser de l'étouffer sous notre volonté.
Ensuite, s'accorder du plaisir. Si nous ne pouvons pas nous offrir le luxe de frapper quelqu'un que nous avons envie de frapper, battons un oreiller ou un matelas en l'injuriant librement : nos épaules, notre nuque ne seront pas endolories de colère rentrée. Si nous avons une tendance à grossir, mangeons moins de tout, mais savourons-le d'autant plus.
Enfin, éviter les situations où notre psychisme se trouve en contradiction avec nos muscles, notre peau, nos sensations. C'est là l'origine du sentiment si courant de perte d'identité.
Moins nous sentons notre corps et plus nous avons de mal à nous reconnaître en tant qu'individu distinct.

