In paradisum
In paradisum
192 pages
Chroniqueur acerbe de 20 ans et Première, l'éternel gamin Diastème nous surprend avec son deuxième roman d'une étonnante maturité. In paradisium part de l'idée, relativement vue et revue, d'un retour sur le cours du temps. Pizzaiolo de père en fils, notre narrateur perd sa mère dans un tragi-comique accident de parachute, trompe sa femme avec un mannequin et finit déprimé à écumer les boites de nuit en regrettant sa moitié. C'est à ce moment qu'intervient la fin du monde. Oui, oui, la fin du monde, l'armagedon, le chaos quoi. Rien de moins. A vrai dire, Diastème réalise là un rêve de gosse (on n'en attendait pas moins de lui), celui de revenir sur le passé d'un claquement de doigts. Une façon d'échapper à la réalité, de la façonner à son image. Point de propos eschatologique dans le roman de Diastème, faudrait pas confondre avec Dante. Le Paradis, l'Enfer et le Purgatoire ne sont là que pour stigmatiser la volonté du narrateur. Avec humour et ironie, l'auteur passe en revue les petits et les grands maux de l'humanité en général et de son personnage en particulier. Car cet anti-héros voit tout à l'aune de ses désirs : quoi de plus normal que de tromper sa femme, surtout quand elle vous met une superbe créature entre les pattes… A grands traits acerbes, Diastème dessine les contours d'une crise de la trentaine mal assumée. On en connaît plein qui se retrouveront un peu dans ce personnage finalement très attachant. Et pour les autres (les filles en d'autre termes), c'est un cas très intéressant de zoologie à étudier. De très près quand on partage sa vie avec ce genre de machus hominus.--Chloé S.--

