Homo zapiens
Homo zapiens
309 pages
D'un monde l'autre. Tel pourrait être le sous-titre de ce dernier ouvrage de Viktor Pelevine. De l'ère soviétique à l'irruption du capitalisme sauvage dans une Russie désordonnée, sans repère. Un monde "nouveau", illustré par la figure d'un personnage, Babylen Tatarski, dit Vova, qui va gravir une à une les marches de la réussite, dans un univers marqué par l'argent, la corruption, la publicité et la télévision. Une escalade vertigineuse qui se confronte à quelque vacuité douloureuse. Le nouveau millénaire serait-il celui des valeurs disparues, des règnes du futile ? À la manière d'Alfred Döblin, dans Berlin Alexanderplatz, Pelevine charge son texte de slogans, de noms de marques, de citations relevées dans le paysage quotidien des villes nouvelles, tout un arc-en-ciel d'emprunts qui disent l'étourdissement d'une modernité inquiétante. Après les détonnants et renversants Ontologie de l'enfance, La Vie des insectes et Omon Ra, une nouvelle fable dense et désopilante du plus moderne des écrivains russes, qui mêle l'ironie à l'humour, nous plonge dans les turbulences actuelles d'un pays campé dans ses traditions. Un choc des cultures, un choc des générations mis en scène par un garnement prodige. --Céline Darner

