Corot
Corot
Devant le miracle Corot, toutes les habitudes de l’esprit sont à réviser. "L’objet" et "le sujet" s’éclipsent. C’est une image si justement équilibrée entre le monde du dehors et le monde du dedans qu’on songe toujours, quelle que soit l’époque où fut peinte la toile, dans cette production de près de soixante ans, à une photographie tout à fait e¬te, mais que la tendresse du c½ur et le choix de l’intelligence animeraient et proportionneraient sans effort apparent. » Dans la monographie qu’il consacre à Corot en 1930, Élie Faure scrute la matière et la manière du peintre dans toute sa vérité ; mais il s’attache aussi à l’homme, dont il retrace la vie et l’½uvre sensible avec dilection. Camille Corot, célébré pour ses paysages, fut aussi un grand peintre de figures. À l’heure où une exposition riche de portraits d’intimes et de nus étranges, d’effigies réalistes ou de monumentales figures de fantaisie (Peindre la nature humaine, du 8 février 2018 au 8 juillet 2018 au musée Marmottan à Paris) vient démontrer la maestria et la modernité de Corot, l’ouvrage d’Élie Faure, depuis longtemps indisponible, nous aide à mieux saisir le mystère de sa création.

