La Marne
La Marne
1914. Après l'angoisse de juillet, la guerre avait débuté dans un élan d'enthousiasme. Les trains de soldats parcourant la France étaient pavoisés, fleuris, acclamés, marqués d'inscriptions à la craie : « Train de plaisir pour Berlin ». Partout la « Marseillaise » chantée à pleine voix. L'entrée en Alsace avait enflammé les cœurs. Puis, soudain, le communiqué officiel du 29 août, un véritable coup de massue : « La situation de notre front, de la Somme aux Vosges... »
La retraite la plus épuisante de l'Histoire allait commencer. Cinquante kilomètres par jour sous le barda de trente kilos, sous un Soleil écrasant, avec la faim, la soif, les combats. Les charges à la baïonnette, clairons sonnant, tambours battant, face aux mitrailleuses allemandes qui fauchaient les pantalons rouges résultat meurtrier des doctrines d'offensive « à outrance » du haut commandement français.
Puis c'est l'événement stratégique. Gallieni appréciant d'un coup d'œil génial l'erreur orgueilleuse de Von Kluck et décidant Joffre à la manœuvre qui va sauver Paris et la France. Le « miracle » de la Marne, si l'on consent à appeler miracle le courage illimité du troupier.
Le récit de Georges Blond, dont la réputation de grand historien des guerres n'est plus à faire, nous montre tout, nous fait tout vivre, au niveau des soldats comme à celui des états-majors, aussi bien du côté allemand que du côté français. Une reconstitution dramatique et magistrale.

