Nid d'hommes
Nid d'hommes
534 pages
L'histoire débute à la fin des années 40. Xu Dawei possède d'innombrables maisons, avec ces jardins de Suzhou (la « Venise chinoise », non loin de Shanghai) émaillés de collines artificielles, roches, pavillons, stèles… Son père cherche la bonne fortune à Paris tandis que sa mère, une beauté sublime, s'enferme comme un fantôme dans l'immense propriété. Imprégné des idéaux socialistes, Xu, avec l'aide de son cousin - et narrateur de l'histoire -, introduit un groupe d'étudiants dans la demeure. Ils forment une sorte de colonie saint-simonienne dans un des pavillons. Le peintre du groupe tombe amoureux de la jeune paysanne qui tient les fourneaux, victime de l'ancienne coutume de fiancée-enfant. De son côté, Xu Dawei s'éprend d'une ravissante concubine d'un grand capitaliste shanghaïen décédé - et l'épouse sans cérémonie. Au début des années 60, Suzhou, en proie aux turbulences de la Révolution culturelle, est couverte de dazibaos. La grande propriété, devenue en partie manufacture, en partie squat prolétarien, se bidonvillise. Plus de trace des jardins raffinés. Xu Dawei, classé droitier, privé d'enseigner, est devenu ouvrier. Sa mère colle des boîtes d'allumettes. Ils vivent dans les anciennes chambres des domestiques. Et voici qu'un garçon pâtissier, auto-proclamé « commandant des rebelles révolutionnaires prolétariens » convoite ces chambres et veut en chasser la famille Xu, accusée de collusion avec des espions nationalistes. Grâce à l'aide d'une autre faction de la GRCP, le fantoche tyran de quartier est confronté à ses origines koulak… Mao met tout le monde d'accord puisqu'avec l'ordre du comité central du Parti, étudiants et lycéens, intellectuels, mauvais éléments politiques et chômeurs doivent quitter la ville. Un bateau attend la famille Xu et ses amis, le commandant et les siens, pour les emmener dans les terres arides. Un diptyque magistral sur vingt ans d'histoire de la Chine (1945-1965), cristallisé autour d'une vaste demeure de Suzhou et du personnage d'un jeune lettré, fils de famille et idéaliste. Xu Dawei et sa bande de sept amis symbolisent l'esprit de la Chine nouvelle, de ses élites lettrées et progressistes, trahies aussi bien par les nationalistes que par les communistes, cent fois rééduquées et parfois survivantes et témoins - tel Lu Wenfu lui-même. L'œuvre est imprégnée des valeurs littéraires et poétiques des grands romans classiques chinois. Suzhou est aussi la ville natale de Lu Xun, premier romancier moderne chinois. Une grande tendresse envers ses personnages anime le romancier, ainsi qu'une émouvante fidélité à ses idéaux de jeunesse.
--Ce texte fait référence à l'édition
Poche
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