Le livre tibétain des morts
Le livre tibétain des morts
Le Bardo Thodol, sous-intitulé « Livre des Morts tibétain » n’est pas un guide des morts mais un guide de tous ceux qui veulent dépasser la mort, en métamorphosant son processus en un acte de libération. Car nous passons, en mourant, par les mêmes étapes que celles que nous traversons dans les stades progressifs de la méditation. Par la coupure automatique de l’enveloppe corporelle, la mort nous donne visiblement une occasion eÎptionnelle de nous libérer de l’emprise de nos instincts obscurs, et nous permet d’apercevoir la lumière libératrice, ne serait-ce qu’un instant.
Bardo signifie « intervalle », Thô veut dire « entendre » et Dol « libération ».
Les étapes que la conscience va parcourir, ses premiers pas dans l’au-delà, sont décrites au mourant — puis à son effigie après ses funérailles — selon une chronologie rigoureuse. Afin d’espérer être libéré de la roue des incarnations successives, le Samsara, la connaissance de cet itinéraire et de ses nombreux pièges est indispensable à celui qui est en passe de se défaire de son incarnation du moment. Une connaissance qui, si l’on n’y a pas accédé de son vivant, reste permise jusqu’à l’instant même du grand passage.
Le Bardo Thodol doit être lu, correctement et distinctement, soit par un lama, soit par un « frère de la foi », soit par un ami intime, à l’oreille de l’agonisant, puis du défunt.
Si le corps a disparu, le lecteur évoque le mort dans sa pensée et opère comme s’il était présent devant lui.
La première condition à réaliser est celle du transfert de la conscience. En d’autres termes, il convient, durant la période d’agonie, d’alerter sans cesse la conscience de manière à lui permettre de se retrouver intacte après la mort et sans avoir subi d’interruption.
La mort est presque toujours précédée par un état d’asphyxie bienfaisante, et les eschatalogues modernes (commentateurs du Bardo compris) sont d’accord, en général, pour admettre qu’une période d’inconscience identique existe après la mort.
Le voyage dans l’au-delà commence avec le dernier souffle. Ainsi débute la traversée dangereuse qui peut durer jusqu’à sept fois sept jours, soit quarante-neuf jours, sauf si le karma est particulièrement lourd, auquel cas le trépassé est conduit à renaître avant terme. Ajoutons que le processus de la mort est revécu par le défunt tous les sept jours.

