Anne Boleyn
Anne Boleyn
On a dit que Henry VIII Tudor, qui régna sur l’Angleterre entre 1509 et 1547, a été le modèle du légendaire Barbe-Bleue. Le mythe est en réalité bien plus ancien et on pourrait plutôt dire que Henry a été un épigone de Barbe-Bleue, mais infidèle car il n'a fait exécuter que deux de ses sept femmes.
Parmi celles-là, la deuxième, Anne Boleyn est la plus marquante, la plus fascinante aussi. Douée d'une rare force de caractère, elle a su séduire cet homme inconstant et volage, le tenir sous sa coupe pendant plusieurs années sans cependant se donner à lui. Avec autant de patience que de diplomatie, elle est parvenue à le persuader de l'épouser, de faire d'elle la reine d'Angleterre.
De cette passion royale sont nées la future Elisabeth la Grande et l'Eglise anglicane, car c'est le refus du pape d'annuler le mariage du roi avec Catherine d'Aragon [pas fou, le pape : c'était la nièce de Charles-Quint !] qui le poussa à se séparer de Rome, à fonder une Eglise indépendante, conséquence inattendue d'un amour contrarié dont l'Angleterre moderne subit encore les effets !
Avec un art consommé, une remarquable finesse psychologique, Evelyn Anthony a fait revivre ces acteurs d'une histoire eÎptionnelle, les a fait s'affronter dans les intrigues les plus subtiles, a démonté tous les ressorts de leurs comportements, de leurs ambitions forcenées.
C'est toute la cour cruelle et raffinée du plus magnifique des Tudor qui ressuscite sous nos yeux. Un drame d'une prodigieuse densité, tout parsemé de jalousie, de haine et de mort, qui nous conduit du trône à l'échafaud. L'auteur a su rendre à cette époque de fer et d'or tout son éclat et tracer un portrait inoubliable de la plus belle des intrigantes qui ont modelé l'histoire du monde.

