Mon livre surprise
Les Oreilles sur le dos
Les Oreilles sur le dos
192 pages
(mai 1987)
Présentation et postface établies par Bayon, Phil Casoar et Franck Evrard
On oublie souvent que Georges Arnaud, l'auteur du "Salaire de la peur (1950), a laissé deux autres romans tirés du même tonneau - un fût de rhum particulièrement explosif - et non moins réussis que celui que l'on vient de dire. "Les Oreilles sur le dos" (1953), longtemps introuvable, est à lui seul un condensé de l'art de cet écrivain inclassable qui fut, dans l'écriture comme dans la vie, un irréductible en-dehors, un aristocrate de la rébellion.
Trois hommes, une femme, quelques comparses de fortune...et un camion (on sait quel rôle de monstre fétiche le camion joue dans l’œuvre du romancier) : tous en fuite, "les oreilles sur le dos", soit dans la posture du lièvre lorsqu'il a la meute à ses trousses. Au bout de la cavalcade éperdue, qui emprunte les hautes pistes de la cordillère des Andes : comme toujours, la mort - ou la solitude, ce qui ne vaut pas forcément mieux.
Une littérature en rupture de ban, quelque part entre Mac Orlan et Hemingway. Et une sacrée leçon de style.

