Mon livre surprise
Le Sommeil de la raison
Le Sommeil de la raison
160 pages
Le Sommeil de la raison n'a rien de raisonnable. À moins que la raison ne soit proche de ce qui se révèle, parfois, par la vérité des rêves ou des cauchemars... En ce qui concerne Gabrielle Wittkop, ce sont les cauchemars qui sont à la source de son œuvre. À travers six brèves histoires proches du conte cruel, l'auteur dépeint des univers monstrueux, effrayants parce qu'ils sont la trace évidente des frayeurs de l'auteur. On est projeté dans un monde singulier et terrible qui crie tout autant qu'il s'écrit, qui tremble devant nous et ne peut nous laisser indifférents : Le Sommeil de la raison se lit avec la douceur inquiète d'une mère qui veille les cauchemars de son enfant. Les thèmes abordés sont essentiellement familiaux ; mais qu'il s'agisse des liens père-fille, frère-sœur, mari-femme, ils ont comme point commun, l'amour impossible. C'est sans doute ce qui conduit l'auteur à enfermer ses personnages dans des récits en forme de cage. Par la complexité et le merveilleux des fils de l'imaginaire, chaque conte a ainsi la perfection d'une toile d'araignée. Et le dernier, le plus beau du livre, se termine logiquement par la mort, celle que l'on se donne, à l'image de l'auteur qui elle-même s'est donné la mort. Ainsi, Le Sommeil de la raison est et restera son dernier livre. Il n'en devient que plus troublant, que plus essentiel. --Isabelle Magnien

