Mon livre surprise
L'élégie érotique romaine. L'amour
L'élégie érotique romaine. L'amour
320 pages
Qui sont ces Lesbie ou ces Corinne, les héroïnes dont nous parlent Properce, Tibulle ou Ovide? Comment se fait-il que les quelques traits « biographiques » ou psychologiques qui nous sont donnés d'elles ne s'accordent pas entre eux? Quel est le monde que nous décrivent ces élégiaques? Pourquoi est-il si malaisé de l'identifier? Et surtout : d'où vient ce persistant sentiment d'étrangeté que l'on éprouve à les lire? Comment un écrivain peut-il à la fois faire entendre ici un accent de sincérité, et nous infliger ailleurs de longs morceaux conventionnels - mythologiques notamment? Paul Veyne, devant ces apparentes incongruités, pose aux textes une question essentielle et pourtant étrangement absente de la critique - Comment étaient-ils lus, reçus? Quel contrat proposaient-ils au lecteur? De quelle esthétique, aujourd'hui disparue, relèvent-ils? On verra que la réponse est subtile, et surprenante, puisqu'elle consiste à rapprocher l'élégie de la bucolique, qui met en scène avec le même artifice des bergers imaginaires jouant du pipeau. Véritable «pastorale en costume de ville», l'élégie, « oeuvre trompeuse», selon Properce, se révèle en somme être un monde où l'on fait semblant, avec humour, d'être amoureux, un peu comme dans une baraque foraine, on joue à se faire peur. Spécialiste du monde romain, professeur au Collège de France, s'est d'abord imposé au public par un- essai d'épistémologie retentissant - Comment on écrit l'histoire (Le Seuil, 1971). Il a démontré ses qualités d'historien et de sociologue dans son oeuvre maîtresse, le pain et le Cirque (Le Seuil, 1976), consacrée aux aspects irrationnels et oubliés de la politique, à travers les réalités romaines du panem et circences. L'ouvrage qu'il publie aujourd'hui sur l'élégie romaine s'inscrit dans une recherche qu'il a entreprise sur l'amour à Rome.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

