Mon livre surprise
L'apostrophe muette
L'apostrophe muette
174 pages
Cet essai se présente comme une tentative d'interprétation des portraits du Fayoum au regard de la confluence dont ils sont l'unique témoignage : si ceux ci émanent bien d'un type de figuration réaliste et mimétique , s'ils appartiennent comme tels à la formation d'un statut de l'image en Occident, l'incorporation de ces portraits dans des sarcophages les situe également dans la filiation des rites funéraires égyptiens. Cette confluence interroge la relation fondatrice du portrait à la mort et permet à Jean-Christophe Bailly de sonder les liens féconds attachant le figurable et le périssable. Ainsi, c'est à la fois la spécificité de ces portraits et leur situation dans l'ensemble de l'art et de la pensée antique qui sont explorées dans cet ouvrage en relation étroite avec le monde composite de l'Egypte romaine. Mais cet ouvrage est beaucoup plus qu'une simple approche scientifique. L'auteur, en effet, rend compte de l'expérience singulière que ces portraits qui n'étaient pas destinés à être regardés mais à regarder eux-mêmes dans l'au-delà, rendent possible.
Se tenant sur le seuil entre la vie et la mort , c'est de là, qu'ayant traversé le temps ils nous interrogent en silence.

